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La cueillette sauvage raisonnée

Mains d'un cueilleur récoltant du thym sauvage à la main dans la garrigue

Cueillir une plante sauvage, c’est emprunter quelque chose à la montagne. Depuis 1985, notre coopérative de producteurs-cueilleurs a fait de ce principe une règle de vie : ne jamais prendre plus que ce que la garrigue peut redonner. Voici comment nous pratiquons, en Cévennes, une cueillette sauvage vraiment raisonnée.

La cueillette sauvage, un savoir-faire ancestral

Bien avant les cultures, les Cévenols cueillaient : le thym des garrigues, le tilleul des vallées, les fleurs des prés d’altitude. Nos cueilleurs perpétuent ce geste, mais avec une conscience nouvelle : la ressource sauvage n’est pas inépuisable. Une station de plantes trop sollicitée s’appauvrit, puis disparaît. La cueillette raisonnée, c’est l’art de récolter aujourd’hui sans compromettre demain.

Nos règles de cueillette

La rotation des parcelles

Nous disposons d’un grand nombre de zones de cueillette en pleine nature, loin des routes et des sources de pollution. Chaque année, nous alternons les lieux de récolte et laissons deux ans de repos entre chaque passage sur une même parcelle. Ce délai permet aux plantes de se renforcer, de refleurir et de se ressemer naturellement.

Le prélèvement partiel, toujours à la main

Toutes nos cueillettes se font à la main, au ballot et à la serpette. Jamais d’arrachage : nous coupons les parties aériennes en laissant la souche et les racines intactes, et nous ne prélevons qu’une partie de chaque station, pour que la plante poursuive son cycle.

Le respect des butineuses

Les floraisons de thym, de romarin ou de bruyère nourrissent les abeilles et tous les pollinisateurs de la vallée. Nos calendriers de cueillette tiennent compte de ces rendez-vous : nous laissons les abeilles butiner, elles nous le rendent en assurant la régénération des plantes. Un cercle vertueux dont tout le monde sort gagnant.

Un cadre réglementaire que nous saluons

Nos montagnes se situent aux portes du Parc national des Cévennes, où la cueillette des plantes sauvages est aujourd’hui encadrée : dans le cœur du parc, la récolte de dizaines d’espèces aromatiques et médicinales est réglementée, limitée en quantité pour l’usage familial et soumise à autorisation pour les professionnels, avec une obligation de cueillette manuelle sans arrachage. Ces règles, élaborées avec des cueilleurs, des agriculteurs et des scientifiques, vont dans le sens de ce que nous pratiquons depuis toujours : une récolte mesurée, respectueuse de la ressource et des milieux.

Pourquoi cela change tout dans votre tasse

Une plante cueillie au bon endroit, au bon moment, sur une station préservée, est une plante riche en arômes. La qualité de nos tisanes et de nos hydrolats commence là, sur les pentes, bien avant l’atelier. Nos certifications — agriculture biologique et mention Nature & Progrès — viennent attester ce que nos gestes racontent : vous pouvez en découvrir le détail sur la page de nos labels de qualité.

Et si vous cueillez vous-même ?

La cueillette familiale est un plaisir que nous encourageons, avec quelques principes simples : identifiez la plante avec certitude, cueillez loin des routes et des cultures traitées, prélevez peu et jamais la totalité d’une station, renseignez-vous sur la réglementation locale — en particulier dans les espaces protégés — et laissez toujours la racine en terre.

Pour goûter le fruit de cette cueillette respectueuse, parcourez les produits de la coopérative Biotope des Montagnes : chaque sachet raconte une parcelle de garrigue préservée.